La sécurité

video_castruies1_1Les structures sociales qui permettent à une minorité dominante d’exploiter et de manipuler le plus grand nombre (par la publicité et autres médias) constituent la véritable violence quotidienne, silencieuse et sournoise.

Même s’il n’est pas question de nier que certains crimes et délits sont d’origine psychologique ou pathologique, la délinquance est, avant tout et néanmoins, liée au modèle social.

Un système  où l’argent est synonyme de réussite sociale, où la notion de l’individualisme est sublimée, où la publicité, tel un miroir aux alouettes,incite à vouloir toujours plus, où l’urbanisation étouffe et interdit les contacts humains, cette société a la délinquance qu’elle mérite !!

Dans ce contexte, la démagogie politicienne, aidée en cela par des instincts primaires, développés, notamment, par l’extrême droite, détourne cette réalité insidieuse pour mieux nous faire désirer et accepter le renforcement d’un appareil répressif et sécuritaire et pointer du doigt celui qui n’est pas conforme au modèle dessiné par la « morale » de celui qui détient le pouvoir.

Adhérer à cette démarche serait une erreur coupable.

Par ailleurs, comment peut-on utiliser le terme d’insécurité lorsque toutes les études démontrent que les actes criminels vis-à-vis des personnes physiques diminuent de décennie en décennie ? Tout l’art de la manipulation médiatique et politique  consiste à faire croire que l’atteinte aux  biens matériels constitue l’Insécurité et que le fait divers complaisamment montré et commenté conditionne notre environnement quotidien. Or un cambriolage, au demeurant fortement traumatisant pour la victime, ne peut être assimilé à une agression ou violence aux personnes qui, elle, traduit bien et justifie le sentiment d’insécurité ressenti par le citoyen.

Dans ce contexte, Castries n’est pas une zone à risque (voir tableau statistique, ci-dessous). Tout discours tendant à affirmer le contraire, n’est que mensonge !! Or, le Conseil Municipal sortant n’a pas hésité et n’hésite pas à utiliser le sentiment de crainte suscitée  et l’argument  sécuritaire pour faire installer la vidéo surveillance ou se glorifier de la présence d’une gendarmerie sur notre commune.

Certes la présence d’une gendarmerie peut rassurer la population ; cependant, vos élus oublient de vous dire que cette présence n’est pas dédiée à la commune sur laquelle elle est implantée. Vos élus oublient de vous dire qu’une gendarmerie a des heures d’ouverture et qu’en dehors de ces heures d’ouverture, la sécurité est mutualisée entre plusieurs zones de gendarmeries : autrement dit, bien qu’ayant une gendarmerie à Castries, en dehors de ses heures d’ouverture, il se peut que ce soient les gendarmes d’une autre localité qui interviennent…ou que vous soyez contraints de vous déplacer , plus loin, dans une autre gendarmerie pour déposer une plainte, par exemple…. Dans ces cas, où est donc, la proximité vantée par nos élus ??

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Le dernier mandat municipal a vu, également, l’installation de  la vidéo surveillance justifiée, en Conseil Municipal, par la première adjointe, comme étant une opportunité puisque l’Etat en payait une grande partie.

Conseil Municipal 07/06/2010 (page 7)

Déclaration où la naïveté le dispute à l’incompétence, sachant, par ailleurs, que l’engagement de l’Etat n’a pas été totalement respecté et que les castriotes ont, donc, du payer ces matériels!! 

extrait du Conseil Municipal du 08/02/2011

« J’ai une dernière information à vous communiquer :nous avons arrêté le choix de l’entreprise pour la vidéo protection. Malheureusement, les aides de l’Etat initialement prévues vont être fortement réduites. »

Conseil Municipal 15/03/2011 (page 5)

Notre commune est-elle si dangereuse pour mériter cela ? Nous répondons, sans ambiguïté, NON !! (voir tableau statistique, ci-dessous).

Tout cela n’est que  brassage d’air !!  En fait, se pose-t-on la question de la présence réelle d’une ‘’délinquance’’ dans notre commune ? L’implantation d’au moins douze caméras de surveillance (zone artisanale, zone de skateboard, etc..) est suffisamment significative  pour constater que cette opération, fort couteuse, n’est, en fait, qu’un élément d’une mauvaise politique de communication d’élus (toutes tendances confondues) plus prompts à utiliser l’argument sécurisant (et sécuritaire) que l’analyse factuelle.  Par ailleurs, il serait fort intéressant  de connaître le traitement donné aux informations recueillies par ces vidéos de surveillance et leur coût de fonctionnement ; malgré plusieurs questions relatives à ce sujet, réitérées lors de commissions ad-hoc, nos élus locaux n’ont jamais été en mesure d’apporter une quelconque réponse…….no comments !!!

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Il est important, par ailleurs, d’analyser la présence d’une police municipale dont il conviendrait de définir, clairement, le rôle,  tant ses absences  sont remarquées, à des moments importants de la vie de notre village : les week-ends, sur la route 610 en début et fin de journée, dans les nouveaux quartiers périphériques, etc…  Nous avons besoin d’une police municipale qui soit, avant tout, une police de proximité et non un instrument dédié à l’élu et/ou aux services administratifs.

Une politique municipale se doit d’être cohérente, non pas pour effrayer ses habitants, mais pour aider  une population en détresse morale et/ou économique, en prenant en compte tous les facteurs sociologiques qui seront en mesure de dissiper un regrettable malentendu.

Combattre l’intolérance, refuser l’exclusion permettra d’aboutir à la réalisation de structures sociales, économiques, éducatives aptes à endiguer un malaise subjectif

Ce combat, nous sommes prêts à le mener avec vous.

Nous n’avons pas la prétention de détenir les recettes miracles mais nous sommes prêts, avec nos convictions, à travailler, avec la population castriote, à la réalisation d’un projet d’ouverture, de réflexion et de dialogue pour l’intégration   des « damnés » du système.

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Statistique des actes de délinquance de la zone de gendarmerie de Castries

 en 2012

 L’étude a été établie sur la base de 5 indicateurs de délits, pour la zone de gendarmerie de Castries et concerne toutes les localités situées sur cette zone. Donc, les délits observés à Castries ne peuvent être qu’inférieurs ou égaux aux chiffres  du tableau ci-dessous. Le classement s’inscrit dans le cadre des 379 compagnies de gendarmerie qui couvrent le territoire national.

 

Type de délit Nombre de délits Classement en zone risque
Violence aux personnes 5.4 340 iéme
Atteinte aux biens 41.5 368 iéme
Violence physique crapuleuse 1.21 365 iéme
Cambriolage 6.29 300 iéme
Vol de voiture 2.81 351 iéme

 Source : l’Express étude société OpenDataSoft

 La vidéo surveillance, ce que révèle la cour des comptes

Rapport sénatorial sur la vidéo surveillance

 

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